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David PAILLER
Dernière mise à jour le 28/11/2008
Vers l’âge de 7-8 ans, j’allais bricoler avec un voisin, menuisier à la retraite dans son garage... C’est lui qui m’a communiqué le virus de la menuiserie.
Pouvez-vous parler de vos débuts
dans votre métier ?
A 14 ans, j’ai démarré mon apprentissage
à Recouvrance ; Il a duré
deux ans de 2003 à 2005. Puis, mon
premier employeur a été Monsieur
Boulzennec à Gouesnou ! Je me suis
aperçu alors que j’avais encore
beaucoup à apprendre ! Il me fallait
bien connaître la matière : on ne
fait pas tout de suite ce qu’on veut
avec le bois !
Vous avez choisi de demander une
BIJ (Bourse Initiative Jeune) à la
mairie de Gouesnou dans le cadre
d’un départ en Guyane. Comment
avez-vous choisi cette
destination ?
À vrai dire, j’avais envie de m’isoler
un peu pour réfléchir sur mon avenir...
Compagnon, on le devient « à
vie » ! ; pour moi, c’était une
période de remise en question...
Après avoir travaillé à Toulouse,
Nîmes, Angers, Laval, je désirais
poursuivre mon « tour de France ».
En tournant un globe terrestre, mon
doigt est retombé par hasard sur
cette région.
J’ai choisi de partir pour Camopi, un
village Amérindien de 850 habitants
au bord du fleuve du même
nom (le Camopi). Sur l’autre rive, en
face, se trouve le Brésil. Le moyen
de locomotion le plus utilisé pour y
accéder est la pirogue à moteur. Il
faut 3 heures de voiture pour rejoindre
Cayenne.
Quels ont été vos activités
professionnelles mais aussi
vos loisirs en Guyane ?
Lors de mon séjour à CAMOPI, j’ai
participé à la construction de logements
sociaux, d’un bâtiment de la
légion étrangère mais surtout d’un
collège.
Lors de mes temps libres, j’ai eu l’occasion
d’aller en forêt pour chasser
et pêcher en pirogue.
J’ai été émerveillé par les connaissances
des Amérindiens : ils m’ont
appris à casser des feuilles et à les
laisser pendre d’une certaine
manière pour retrouver mon chemin
; ils ont un odorat particulièrement
développé : par exemple, ils
sont capables de s’arrêter au pied
d’un arbre et de sentir le groupe de
singes qui s’y trouve ! Quant à leur
vue, n’en parlons pas ! Je les ai vus
tirer sur des oiseaux ou des iguanes
dont je n’avais même pas perçu la
présence !
Quels sont désormais vos projets ?
La formation de compagnon
demande 9 ans de travail avec obligation
de tourner 7 mois l’hiver et 5
mois l’été dans deux villes différentes
chaque année.
Mon prochain objectif est de terminer
mon tour de France d’abord en
allant à Dijon puis à Trégueux où je
dois réaliser « mon chef-d’oeuvre »
avant de devenir « compagnon ».
A plus long terme, j’aimerais créer
une entreprise.
Ne regrettez-vous pas votre
départ de Guyane ?
Non, mon objectif a été atteint ; j’ai
« rechargé mes batteries » ; la vie, làbas,
est difficile ; il n’y avait qu’une
seule épicerie ! Les femmes ont une
vie rude et doivent s’occuper des
jardins ; les principales cultures
sont le manioc et les bananes. Pour
un jeune, il n’y a pas grand-chose à
faire à part la chasse ! J’ai réussi à
intéresser un seul amérindien au
métier de menuisier. Sans doute
voulait-il que je reste... ; Il m’a
offert, le jour de mon départ, un collier
de sa soeur avec qui il voulait
me marier ! (Rires)


