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LE SAPIN DE NOËL
Dernière mise à jour le 11/01/2008
Dans 70 % des cas je suis un épicéa commun : de forme régulière et bien conique, je dégage dans le salon une bonne odeur de « sapin ». Je peux aussi être un vrai sapin comme le « sapin blanc », rustique et robuste ou le « sapin de Nordmann » de forme conique parfaite, aux aiguilles d’un vert brillant mais à odeur moins prononcée.
D’où vient cette tradition du sapin de
Noël ?
Longtemps avant l’ère chrétienne déjà,
les hommes rentraient les sapins dans
leurs habitations pendant les fêtes
païennes. Le sapin de Noël ou « arbre
du Christ » qui célébrait le culte de la
lumière vient d’Alsace où sa présence
est mentionnée pour la 1ère fois en
1521.
En 1841, le prince Albert (originaire
d’Allemagne), époux de la reine
Victoria, fit dresser un arbre de Noël
au château de Windsor, en Angleterre.
De la cour, la mode du sapin de Noël se
répandit rapidement chez la bourgeoisie
et se propagea ensuite chez les gens
du peuple.
Vos décorations ont-elles évolué au fil
du temps ?
Les premiers ornements étaient naturels
et même comestibles : pommes,
noix, bonbons, petits gâteaux en forme
de personnages... On accrochait aussi
des papiers de couleurs découpés.
Au XVe siècle, une très ancienne décoration
appelée "lametta" était fabriquée
par les artisans lyonnais : ces
franges de métal évoquaient des cheveux
d’anges, illuminant le sapin par
leurs reflets argentés ou dorés...
C’est à New York, en 1882, que l’on
réussit pour la première fois à illuminer
un sapin de Noël à l’électricité. En
1900, certains grands magasins installèrent
de grands sapins illuminés afin
d’attirer la clientèle. Cette innovation
technologique vint modifier l’habitude
de ne dresser son sapin que le
24 décembre, à cause du risque d’incendie.
Dès lors, il fut possible de l’installer
plus tôt et de ne le défaire qu’au
lendemain des Rois.
Les boules et autres décorations des
sapins sont désormais rarement en
verre, et plus guère dangereuses pour
les tout-petits. Mais rarement écolos...
Les sapins coupés abîment ils la forêt ?
Non, les sapins de Noël sont cultivés,
spécifiquement pour cette période de
fêtes. 80 % des sapins vendus en
France poussent en France, dans des
zones de montagne peu propice à
l’agriculture, offrant un revenu appréciable
à toute une filière économique
Les plantations d’arbres de Noël sont
souvent localisées sur des pentes non
productives ou sous des lignes de
transport électrique. De plus, pour
chaque arbre cueilli, environ dix
autres sont cultivés dans des plantations
afin de préparer les dix prochaines
récoltes.
Ne craignez-vous pas qu’à terme, vous
soyez totalement remplacé par le sapin
artificiel ?
Effectivement, depuis quelques
années, la vente du sapin artificiel s’est
répandue, mais outre que le charme
est alors rompu, ils sont fabriqués à
partir de PVC, de plastique et de métal
et sont donc néfastes pour l’environnement
en exploitant des ressources
non renouvelables. Nous autres au
contraire, produisons de l’oxygène,
améliorons la stabilité des sols et
sommes naturellement biodégradables.
Racontez nous la belle histoire d’un de
vos congénères
C’est l’histoire d’un petit sapin qui
rêvait de grandir pour pouvoir aller
chez les Hommes où il pourrait servir
de sapin de Noël. Les autres arbres,
plus vieux, et avec une plus grande
expérience, lui expliquèrent que ce
n’était pas si bien que ça. Mais le petit
sapin, qui ne voulait pas croire les
anciens, n’eut pas longtemps à attendre.
En effet, pour son plus grand plaisir,
des enfants vinrent avec leurs parents
choisir un sapin pour embellir le
salon. Les enfants eurent le coup de
foudre pour le petit sapin. Il fut coupé
puis emmené dans le salon de la maison
où il fut décoré. Après cette séance
de décoration, il brillait de mille feux
et tout le monde l’admirait. Le jeune
sapin pensait : « Tous les grands
sapins avaient tort »
Jusqu’en janvier, il trôna dans le
salon ; mais il commença à perdre ses
aiguilles...
Plus personne ne le regardait, ne le
touchait ou même ne ramassait ses
petites aiguilles. Puis, toute la famille
décida de mettre le sapin à la cave et il
commença à devenir triste et à regretter
d’avoir été choisi.
Après quelques jours d’attente qui lui
parurent une éternité, il fût replanté.
Quelle joie pour lui de retrouver sa
bonne vieille terre fraîche qui lui avait
tant manqué pendant ces longues
journées où il était resté enfermé à la
cave !
Mais tout à coup, il comprit que sa
famille l’avait laissé bien au frais à la
cave, pour mieux le conserver...
Comme ça, chaque année, on le déterrerait
pour le remettre dans le salon. Il
vécut heureux parmi sa famille
d’Hommes. Et oui, finalement, les
grands arbres avaient tort, certains
Hommes sont bons !


